Borrowing travel-reel grammar to film Middle-earth: 27 million views in seven months.

    This study is in French. In short: the ArdaCraft Instagram account was stuck at 9,877 followers in January 2024. Rather than copy what worked on Minecraft accounts, I borrowed the grammar of travel reels, which had already solved the problem of filming a landscape. Twenty-four videos later the series had gathered 27.3 million views and the account had passed 100,000 followers. The article also covers what I could not explain: growth flattened sharply from June onwards.

    Le compte Instagram d’ArdaCraft plafonnait à 9 877 abonnés fin janvier 2024, et nos vidéos tournaient autour de 30 000 vues, souvent moins. Sept mois et 24 vidéos plus tard, elles en cumulaient 27,3 millions et le compte avait dépassé les 100 000 abonnés. Je n’ai pas inventé de format pour y arriver. Je suis allé chercher celui d’une niche voisine qui avait déjà résolu le problème.

    Le point de départ

    ArdaCraft recrée la Terre du Milieu dans Minecraft depuis 2014. La communauté y a construit plus de 300 lieux à l’échelle 1:58, en s’appuyant sur des recherches de géologie, de botanique et d’histoire. Je suis arrivé sur le projet pour filmer ce que les builders avaient construit, et c’est resté mon rôle.

    Ce qui me frappait, c’était l’écart entre la qualité de ce travail et l’audience qu’il touchait. Dix ans de construction d’un côté, une trentaine de milliers de vues par vidéo de l’autre.

    Le format

    Je ne suis pas allé regarder ce qui fonctionnait sur Minecraft, je suis allé regarder qui savait filmer un paysage. Les reels de voyage ont résolu cette question depuis longtemps, et nos décors sont exactement des paysages, avec leurs collines, leurs cités, leurs fermes et leurs tours de garde. Le problème était le même et la réponse existait déjà.

    J’en ai retenu deux règles, qui expliquent à elles seules l’essentiel de la différence.

    La première porte sur l’ordre des plans. Le meilleur passe en premier, systématiquement. Sur un format où le spectateur décide en une seconde s’il reste ou s’il fait défiler, garder son plus beau plan pour la fin revient à ne jamais le montrer.

    La seconde porte sur le son, qui compte davantage que l’image sur ces vidéos. C’est lui qui installe l’atmosphère avant même que le spectateur ait identifié ce qu’il regarde. Je choisissais donc la bande-son avant de monter, et le montage se calait dessus.

    Le reste tient à une exigence plus haute sur les plans eux-mêmes. Nos vidéos précédentes montraient le monde, celles-ci cherchaient à y faire entrer, avec un travail plus cinématographique sur la lumière et les mouvements de caméra.

    Les chiffres

    24 vidéos publiées entre le 14 février et fin septembre 2024, une par semaine de février à avril, puis à un rythme plus irrégulier.

    27,3 millions de vues cumulées, pour une médiane à 342 000 contre environ 30 000 auparavant, et 22 vidéos sur 24 au-dessus de cette ancienne moyenne.

    Trois vidéos concentrent à elles seules 17,4 millions de vues, soit 64 % du total, et autant le dire tout de suite, parce qu’annoncer une moyenne à 1,1 million serait exact et trompeur. Le chiffre auquel je tiens reste 22 sur 24, parce qu’il dit que le format se reproduisait.

    Abonnés Instagram d’ArdaCraft, de janvier à août 2024La courbe part de 9 877 abonnés fin janvier et monte fortement jusqu’en mai, où elle atteint environ 102 700. À partir de juin la pente s’aplatit nettement et la courbe termine à 115 579 fin août.030 00060 00090 000120 000la croissance ralentit ici9 877115 579janfévmaravrmaijuinjuilaoût
    Abonnés Instagram en fin de mois, 2024.
    Fin de moisAbonnésGain
    janvier 20249 877
    février27 506+17 629
    mars63 001+35 495
    avril82 258+19 257
    mai102 748+20 490
    juin108 675+5 927
    juillet113 852+5 177
    août115 579+1 727

    Ce que je ne sais pas expliquer

    La croissance ralentit nettement à partir de juin. 88 % des abonnés gagnés le sont sur les quatre premiers mois, les trois suivants n’en apportent que 12 %, alors que je publiais toujours et que les vidéos continuaient à bien tourner.

    Je n’ai pas d’explication solide. Ma cadence était devenue irrégulière depuis mai, c’est le seul élément factuel dont je dispose, et il ne suffit pas à rendre compte d’un décrochage aussi net. J’aurais pu tester, changer le rythme, changer les formats, mesurer ce qui bougeait. Je ne l’ai pas fait.

    Si j’ai arrêté cette série fin septembre, ce n’est pas parce que je butais sur ce plafond. C’est qu’un autre problème m’intéressait davantage.

    La suite

    Nos vidéos amenaient du monde sur un site où l’on ne comprenait pas par où commencer la visite. Produire davantage n’y changeait rien, et c’est devenu le chantier suivant, puis celui d’après quand j’ai cherché une audience que les réseaux sociaux ne touchaient pas.

    Je garde surtout une méthode de cette période, celle que j’ai réutilisée depuis. Quand un problème ressemble à celui d’une autre niche, il vaut mieux aller chercher sa réponse que d’en inventer une. J’ai emprunté les codes du reel de voyage pour filmer la Terre du Milieu, puis l’ergonomie de Google Maps pour concevoir notre carte interactive, parce que personne n’a besoin d’apprendre à s’en servir.